Un logiciel d’étude photovoltaïque transforme un toit, une facture d’électricité et des fiches techniques en résultats que l’on peut défendre : production attendue, pertes, plans et schémas. Dans un bureau d’études, trois outils se partagent souvent le travail : PVsyst pour la simulation, AutoCAD pour les plans et le tableur pour la note de calcul. Voici à quoi sert chacun, ce qu’il produit et comment lire ses indicateurs.
Mis à jour le 7 octobre 2026
Les quatre livrables d’une étude photovoltaïque
Pour une villa comme pour une toiture industrielle, un dossier d’étude repose en général sur quatre documents, chacun avec son outil de prédilection.
| Livrable | Outil courant | Contenu | Question traitée |
|---|---|---|---|
| Rapport de simulation | PVsyst | Hypothèses, production annuelle et mensuelle, production spécifique, PR, diagramme des pertes | Combien l’installation produira-t-elle ? |
| Plan d’implantation (calepinage) | AutoCAD | Position des modules, rangées, distances de recul, passages, chemins de câbles | Où et comment poser les modules ? |
| Schéma unifilaire | AutoCAD | Chaînes, coffrets DC et AC, protections, onduleur, comptage | Comment l’installation est-elle câblée et protégée ? |
| Note de calcul | Tableur | Modules en série, nombre de chaînes, rapport DC/AC, sections de câbles, chutes de tension | Le dimensionnement respecte-t-il les règles ? |
Le logiciel ne remplace pas la méthode. Lors de l’examen d’une centrale raccordée en basse tension, le référentiel technique de la STEG fait vérifier la correspondance entre le schéma du dossier technique et le matériel installé : implantation, orientation des modules, section des câbles (référentiel STEG, juillet 2026). Un plan soigné mais faux se voit à la réception.
PVsyst : simuler la production d’une installation
PVsyst est édité par la société suisse PVsyst SA. La version 8 fonctionne sous Windows, avec une licence annuelle et une version d’essai gratuite d’un mois. Le logiciel traite les systèmes raccordés au réseau, autonomes et de pompage, avec une base de composants (modules, onduleurs, batteries, pompes) et plusieurs sources de données météo, dont Meteonorm et PVGIS (PVsyst).
Les étapes d’un projet
- Site et météo : coordonnées et données horaires.
- Orientation : inclinaison et azimut.
- Système : module, onduleur et configuration des chaînes.
- Ombrages : horizon lointain, puis scène 3D pour les obstacles proches.
- Pertes : salissure, câblage, qualité des modules, disparités entre modules.
- Simulation et rapport.
Le rapport de simulation
C’est le livrable que lisent le client et parfois le financeur. Il présente les hypothèses, la production et le diagramme des pertes, toujours présent pour l’année entière ; la version mois par mois se consulte dans le logiciel (documentation PVsyst). Ce diagramme part de l’irradiation reçue et retranche, étape par étape, les pertes optiques, thermiques, électriques et celles de l’onduleur : c’est le meilleur endroit pour repérer le point faible d’une conception.
Production spécifique, PR, pertes : lire les indicateurs
Deux chiffres résument une simulation :
- La production spécifique (kWh/kWc/an) est l’énergie produite en un an par kilowatt-crête installé. Elle dépend du site et de l’orientation : c’est elle qui sert à estimer la production et les économies.
- Le Performance Ratio (PR) rapporte cette production à ce qu’aurait donné le même champ sans aucune perte, compte tenu de l’irradiation reçue dans le plan des modules (PR = Yf / Yr). Il neutralise la taille, l’ensoleillement et l’orientation, et sert donc à comparer la qualité de deux conceptions ; le climat continue de l’influencer par la température. Il est défini par la norme IEC 61724 (documentation PVsyst).
Pour fixer les idées, voici un calcul réalisé avec PVGIS, l’outil gratuit du Centre commun de recherche de la Commission européenne : 1 kWc en silicium cristallin, avec l’inclinaison et l’orientation optimales calculées par PVGIS (plein sud, à 2° près pour Tozeur), et une hypothèse de 14 % de pertes système (données satellitaires SARAH3, années 2005 à 2023, calcul pour Tunis).
| Ville | Inclinaison optimale | Irradiation dans le plan (kWh/m²/an) | Production spécifique (kWh/kWc/an) | Rapport production / irradiation |
|---|---|---|---|---|
| Tunis | 32° | 2 044 | 1 585 | 0,78 |
| Sfax | 33° | 2 177 | 1 700 | 0,78 |
| Tozeur | 33° | 2 341 | 1 786 | 0,76 |
La dernière colonne est le PR de ce calcul ; elle dépend directement de l’hypothèse de 14 %. À Tunis, PVGIS attribue 8,1 % de pertes à la température et aux faibles éclairements, et 2,7 % à l’angle d’incidence. Tozeur reçoit plus de soleil, mais les modules y chauffent davantage : son ratio est un peu plus bas.
Les pertes à surveiller
- Ombrages : proches (acrotère, rangée voisine) ou lointains (relief).
- Température : un module chaud produit moins.
- Câblage : PVsyst propose par défaut 1,5 % de perte ohmique aux conditions STC ; sur l’année, la perte calculée heure par heure représente en général environ 60 % de cette valeur, soit près de 0,9 % (documentation PVsyst).
- Salissure, disparités entre modules, onduleur : chacun a sa ligne dans le diagramme.
P50 et P90
La météo varie d’une année à l’autre. PVsyst peut afficher une production P50, dépassée une année sur deux, et une production P90, dépassée avec 90 % de probabilité. Le calcul combine notamment la variabilité météo, principale source d’incertitude, et celle du modèle de module (documentation PVsyst).
Ombrages : du calcul de distance à la scène 3D
Le référentiel de la STEG rappelle que le courant d’une chaîne est limité par celui du plus mauvais module, et que les ombrages proches sont bien plus critiques que les ombrages lointains. Il donne deux formules, avec une hauteur solaire de référence de 26° (référentiel STEG) :
- Recul derrière un obstacle : d = (h − e) / tan 26°, où h est la hauteur de l’obstacle et e la hauteur des modules au-dessus du toit. Pour une murette de 1 m et des modules surélevés de 0,2 m, il faut 1,64 m.
- Distance entre rangées : d = j × sin β / tan 26°, où j est la longueur du module dans le sens de la pente et β son inclinaison. Pour 1,7 m incliné à 30°, on obtient 1,74 m.
Le même texte recommande une orientation plein sud et une inclinaison de 30° ; un grand écart doit être justifié dans le dossier technique, et un ombrage jugé permanent impose un engagement signé du client.
PVsyst va plus loin, mais exige de construire la scène en 3D. Le calcul « linéaire » ne compte que l’irradiation perdue : c’est une limite basse. Le calcul « selon les chaînes » tient compte de l’effet électrique : c’est une limite haute, et un curseur permet de régler la part retenue (documentation PVsyst).
AutoCAD : plans d’implantation et schéma unifilaire
AutoCAD, le logiciel de dessin assisté par ordinateur d’Autodesk, enregistre ses plans au format DWG, un format binaire propriétaire pour la 2D et la 3D ; le DXF sert de format d’échange (Library of Congress).
Le plan d’implantation
On importe un fond (relevé, cadastre, vue aérienne), on organise les calques (modules, structures, cheminements, cotes), puis on calepine. Le plan intègre les distances de recul et les passages : le référentiel STEG demande une unité de passage de 90 cm sur au moins deux côtés de chaque rangée. Les modules d’une même chaîne doivent être identiques et avoir la même inclinaison et la même orientation.
Le schéma unifilaire
Il représente toute la chaîne de l’énergie : chaînes de modules, boîte de jonction ou coffret DC, interrupteur-sectionneur et parafoudre DC, onduleur, puis coffret AC avec protection différentielle, parafoudre et disjoncteur, jusqu’au comptage. Avec son cartouche, il rejoint le dossier remis au client. La norme IEC 62446-1 définit d’ailleurs la documentation à remettre au client après l’installation d’un système raccordé, ainsi que les essais de mise en service (IEC 62446-1:2016).
La note de calcul : les règles du référentiel STEG
Le référentiel technique publié par la STEG en juillet 2026 (La Presse) pour les centrales raccordées en basse tension ne cite aucun logiciel d’étude photovoltaïque. Il fixe en revanche des règles que la note de calcul doit démontrer (référentiel STEG) :
- Puissance : pas plus que la puissance souscrite ; onduleur limité à 6 kVA en monophasé ; 200 kVA au maximum en triphasé basse tension ; étude de raccordement par la STEG au-delà de 20 kVA.
- Rapport DC/AC : puissance du générateur divisée par la puissance AC des onduleurs, entre 0,9 et 1,3.
- Tension : nombre maximal de modules en série calculé avec la tension à vide à −10 °C, sous la tension d’entrée maximale de l’onduleur ; nombre minimal calculé avec la tension MPP à 85 °C, au-dessus du bas de la plage MPPT.
- Courant : 1,25 × Icc STC × nombre de chaînes en parallèle doit rester sous le courant de court-circuit admis par entrée MPPT.
- Chutes de tension : côté DC, 1 % recommandé et 3 % au maximum ; côté AC, 3 % au maximum entre l’onduleur et le disjoncteur de branchement, 1 % recommandé.
- Prise de terre : 25 ohms au maximum dans le cas général.
Bonne pratique : chaque valeur de la note renvoie à une fiche technique (module, onduleur, câble), et la note reste cohérente avec le schéma unifilaire et le rapport de simulation.
Quel logiciel d’étude photovoltaïque apprendre selon votre métier ?
- Dessinateur ou technicien d’une entreprise d’installation : la formation AutoCAD photovoltaïque (12 heures) part d’un gabarit de projet et va jusqu’au plan d’implantation, au schéma unifilaire, aux cartouches et à l’export DWG et PDF.
- Ingénieur, bureau d’études ou technico-commercial : la formation PVsyst (12 heures) couvre le dimensionnement BT et MT, la lecture de la production, du PR et des pertes, l’optimisation de l’orientation et des ombrages, puis le rapport ; elle aborde aussi les systèmes autonomes et le pompage.
- Technicien supérieur ou ingénieur chargé des études : la formation étude et planification des installations photovoltaïques (60 heures, agréée ANME, niveau intermédiaire) enseigne la méthode : dimensionnement du champ et choix des onduleurs, câbles et protections côté continu, schémas de raccordement, rentabilité et monitoring. Elle s’adresse aux titulaires d’un BTS, d’une licence ou plus en filière technique, aux professionnels qui veulent se spécialiser en photovoltaïque et aux candidats déjà formés à l’installation PV.
Si vous créez une entreprise d’installation, le cahier des charges de l’ANME exige un « responsable technique de référence » ayant suivi une formation appropriée dans un centre éligible par l’ANME : voir notre guide pour créer une société photovoltaïque en Tunisie. BOOTCAMP, certifié ISO 9001 et ISO 27001, forme en présentiel à Tunis (Belvédère). Les travaux pratiques de la formation d’étude se déroulent dans l’atelier photovoltaïque, équipé de modules JA Solar 540 W et ZNShine 335 W, d’un onduleur Solis 6 kW triphasé et de coffrets de protection DC et AC. L’ensemble de nos parcours figure sur la page énergie.
Questions fréquentes
PVsyst est-il gratuit ?
Non : licence annuelle, avec une version d’essai gratuite d’un mois, sous Windows. Pour une première estimation, PVGIS est gratuit et sans inscription.
Quelle différence entre production spécifique et PR ?
La production spécifique (kWh/kWc/an) dépend du site et de l’orientation : elle sert à prévoir la production. Le PR mesure la qualité de la conception : il sert à comparer deux installations.
La STEG impose-t-elle un logiciel d’étude photovoltaïque ?
Son référentiel technique de juillet 2026 n’en cite aucun. Il fixe des règles de dimensionnement et fait vérifier que le dossier technique correspond au matériel installé.
PVGIS suffit-il pour une étude ?
Pour un ordre de grandeur, oui. Un dossier demande en plus les ombrages proches, la configuration réelle des chaînes et la note de calcul.
Faut-il maîtriser AutoCAD avant la formation AutoCAD PV ?
Non : la fiche indique un niveau débutant. Le programme commence par l’espace de travail, la navigation, les calques et la cotation, avant les plans photovoltaïques. Pour vérifier que la formation correspond à votre profil, contactez-nous.
Sources
- STEG, référentiel technique des centrales photovoltaïques raccordées en basse tension (juillet 2026, PDF diffusé par La Presse)
- La Presse, « À télécharger : le guide officiel de la STEG sur les batteries de stockage pour installations solaires », 23 juillet 2026
- PVsyst SA, page produit PVsyst 8 (consultée le 7 octobre 2026)
- PVsyst, documentation « Normalised performance index » (non datée)
- PVsyst, documentation « Loss diagram » (non datée)
- PVsyst, documentation « Array ohmic wiring loss » (non datée)
- PVsyst, documentation « P50 – P90 evaluations » (non datée)
- PVsyst, documentation « Near Shadings: Main dialog » (non datée)
- Commission européenne (JRC), PVGIS (consulté le 7 octobre 2026)
- PVGIS 5.3, calcul pour Tunis (7 octobre 2026), répété pour Sfax et Tozeur
- IEC 62446-1:2016, amendée en 2018 (fiche EVS)
- Library of Congress, format DWG (mise à jour du 24 février 2025)
